La sérigraphie est la technique reine des grandes séries : des couleurs pleines, opaques et durables, un coût par pièce qui fond avec la quantité. Voici comment nous la pratiquons dans nos ateliers situés dans le Grand-Est, de la préparation de l'écran au séchage.

La sérigraphie, aussi appelée « impression sur soie », est une technique d'impression polyvalente et populaire qui permet de transférer des couleurs vives et opaques sur une grande variété de supports. Le procédé repose sur un pochoir — l'écran — à travers lequel l'encre est poussée, couche après couche. Chaque couleur du design nécessite un écran distinct, appliqué successivement pour obtenir l'effet final.
Elle produit des impressions de haute qualité, durables, aux couleurs franches, qui résistent à davantage de contraintes que la plupart des autres techniques. Malgré l'essor du numérique, elle reste la référence pour les séries importantes grâce à sa fiabilité, sa polyvalence et son efficacité économique. Dans notre atelier de Holtzheim, elle est réalisée sur un carrousel de dernière génération, à quelques mètres des tables de coupe.
Les origines de la sérigraphie remontent à la dynastie Song, en Chine, où elle servait à transférer des motifs sur les tissus. La technique s'est ensuite diffusée au Japon et en Inde, où elle a été perfectionnée, avant de gagner l'Occident au XXe siècle, dans la publicité puis dans les beaux-arts — Andy Warhol l'a propulsée dans la culture populaire.
Les principes fondamentaux n'ont pas changé depuis des siècles ; en revanche, les matériaux ont beaucoup évolué. Les écrans, autrefois en soie, sont aujourd'hui en polyester ; les encres, autrefois des pigments naturels, se déclinent en plastisol, base d'eau et encres à effets.
Le procédé comprend plusieurs étapes essentielles, toutes réalisées dans nos ateliers du Grand-Est.
La première phase consiste à préparer l'image à imprimer. Le design est séparé couleur par couleur, chaque teinte devenant un film : un « typon » transparent sur lequel le motif apparaît en noir opaque. Un fichier vectoriel avec des couleurs en aplat (Pantone) donne le meilleur résultat.
L'écran est une maille fine tendue sur un cadre, enduite d'une émulsion photosensible. Le film est posé dessus, puis l'ensemble est exposé à la lumière : l'émulsion durcit partout sauf sous le motif. Après lavage à l'eau, les zones du motif restent ouvertes et laisseront passer l'encre. L'écran est séché et prêt à l'emploi.
Le vêtement est placé sur la platine, l'écran positionné au-dessus, et l'encre est appliquée en haut de l'écran. Une raclette la presse à travers la maille, où elle se dépose sur le tissu. Chaque couleur exige un écran et un passage distincts ; l'alignement précis entre les couches — le repérage — garantit la netteté du résultat.
Une fois toutes les couleurs appliquées, le vêtement passe dans un tunnel de séchage pour fixer définitivement l'encre. C'est cette étape qui assure la tenue au lavage.
Plusieurs types d'encres peuvent être utilisés, chacun avec ses caractéristiques selon le tissu, le rendu souhaité et l'usage du vêtement.
La plus courante. À base de PVC, elle est extrêmement durable, opaque et polyvalente ; elle ne sèche pas dans l'écran, ce qui la rend facile à travailler, mais nécessite une cuisson pour polymériser. Idéale pour les couleurs vives sur textile foncé.
Fabriquées avec de l'eau plutôt qu'avec du plastique, elles pénètrent la fibre et donnent un toucher très doux, un rendu « vintage » et un bilan environnemental plus favorable. Elles demandent plusieurs couches pour saturer une couleur sur tissu foncé. C'est notre choix par défaut sur les tee-shirts clairs en coton.
La sérigraphie est principalement destinée au textile — tee-shirts, sweats, totebags — mais s'adapte aussi au papier, au bois, à la céramique, au verre et au métal, avec des encres et des étapes spécifiques.
C'est l'usage le plus courant, et le cœur de notre activité à Holtzheim : tee-shirts d'événement, merchandising, sweats de promo, totebags de salon. L'encre textile, plus épaisse que l'encre papier, est fixée à la chaleur pour garantir sa durabilité lavage après lavage. Dans notre collection, la sérigraphie est particulièrement adaptée aux tee-shirts Reims et Strasbourg, au Sweat Colmar et aux totebags Épernay et Obernai.
Sur céramique ou verre, l'encre doit résister à la cuisson au four ; sur métal, elle doit résister à la corrosion. Ces applications sortent de notre périmètre textile, mais illustrent la polyvalence du procédé.
La sérigraphie demeure une technique polyvalente qui offre de nombreux avantages : des impressions vives et durables, un coût par pièce imbattable dès que la série grandit, des effets uniques. Ses limites — préparation, aplats uniquement — la rendent moins adaptée aux petites quantités et aux visuels photo, pour lesquels le transfert numérique prend le relais. Comprendre le procédé vous aidera à faire le bon choix ; et dans notre atelier, les deux techniques cohabitent avec la broderie, sous le même toit.
À l'Atelier Textile du Grand-Est, nous sommes les premiers en France à réunir sous un même toit la coupe, la confection et l'ennoblissement — sérigraphie comprise — dans notre atelier de Holtzheim, en Alsace. Pas d'intermédiaire, un prix maîtrisé et un bilan carbone réduit au minimum.